Adieu Quinquin

Je serais bien allé à Lille aujourd’hui pour les obsèques de Pierre Mauroy. Pas possible.

Alors Quinquin,

loin des ors des Invalides mardi, loin de la cathédrale avec l’évêque cet après-midi,

« adieu camarade »

Les commentateurs ne savent plus où donner de la tête. Leur boussole est déboussolée…

Le socialisme du Nord-pas de Calais était-il la droite du socialisme français ? Mais le CERES crypto-stalinien en était-il la gauche ? N’en est-il pas un des enfants ?

Mollet contre Deferre. Nord contre Sud. Maximalisme de congrès contre combinazzione. La tête tourne déjà.

Résumons, pour nos plumitifs ignorants :

– Le socialisme du Nord-Pas de Calais (Mollet, puis Mauroy…) comme le socialisme Defferiste marseillais, seraient la droite du socialisme français.  Certes, chers amis, mais sans eux il n’y a, à cette époque,  plus de socialisme français ; problème.

– Mauroy est la droite du socialisme français puisqu’il en est la continuité (attendez, je me gratte la tête) ;  le « vrai » socialisme étant -selon ces commentateurs- dans la myriade de petits groupes qui tourneront autour ou rentreront au PSU (PSA, UGS…). Bon, si vous voulez, mais les résultats de Rocard à la présidentielle de 1969 ne servent pas de preuve à l’argument.

– Mauroy fait semblant de se « gauchir » en offrant le socialisme français à Mitterrand, artisan de l’Union de la Gauche, contre laquelle s’est toujours battue la vieille SFIO… bien que Mitterrand soit un homme politique issu du centre-droit. Très fort… ma tête me démange.

– La preuve que Mauroy est à la droite du PS, c’est qu’il oeuvre aux Assises du socialisme en 1974 qui permettent à Rocard, à son courant du PSU et à quelques petits groupes alternatifs de rejoindre le PS… en se positionnant à sa gauche (autogestion, contrôle ouvrier, démocratie directe… et j’en passe)… mais en étant en réalité « la gauche américaine ». Ma tête va éclater.

– Ce positionnement se renforce au Congrès de Metz en 1979 lorsque Mauroy et Rocard font motion commune séparée des mitterrandistes. C’est vrai, sauf que c’est pour mieux étrangler Rocard et préparer sa liquidation pour la primaire avortée de 1981 au profit de Mitterrand.

– Mauroy fait comme premier ministre les réformes les plus « à gauche » (de moins de vue très discutables quant à leur pertinence, par ailleurs). En même temps il amorce de grandes réformes de modernisation de l’Etat…

….

Mais de quoi parlez-vous, scribouillards ?

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