Non, rien de rien, ils ne comprennent rien !

Moralisation, déclarations de patrimoine, ils ont tout faux. C’est un changement politique qu’il nous faut.

Le séisme Cahuzac n’est pas terminé et provoque déjà ses premières répliques. Comme on ne prête qu’aux riches, Laurent Fabius est visé.Naturellement, derrière Cahuzac, ses dénégations sont inaudibles.

Que faire ?

le président et le premier ministre nous promettent pour la semaine prochaine un projet de loi sur la moralisation de la vie politique. Dont acte.

Il est indispensable que les membres du gouvernement, les présidents des assemblées, les présidents de groupe parlementaire, les présidents de commissions fassent l’objet d’une enquête patrimoniale et fiscale publique et soient soumis -comme aux Etats Unis – à une procédure d’enquête contradictoire et publique. C’est indispensable.

Il est également indispensable qu’une déclaration de patrimoine et de revenus soit faite par tous les membres du gouvernement, tous les parlementaires, tous les présidents d’exécutifs (conseils régionaux, généraux, municipalités de plus de 5000 habitants, présidents et vice-présidents de regroupements de communes…).

A condition que ce déclaratif soit accompagné d’un délit de « parjure » entraînant des sanctions pécuniaires et des peines d’inéligibilité :

De qui se moque-t-on en effet  ?

               

Dimanche, Laurent Wauquiez a l’audace de déclarer au JDD que son patrimoine financier s’élève à moins de 2000 € !!! auxquels il faut rajouter le solde créditeur de 2000 € sur son compte courant.

Pauvre Wauquiez, conseiller d’Etat, marié à une administrateure du Sénat, ancien ministre, député, maire, il a donc un patrimoine très en dessous de la moyenne des Français et il épargne environ 10 fois moins que la moyenne des ménages ayant ses revenus…

Si c’est le cas, que fait-il donc de son argent ?? Ce serait un autre sujet à élucider… si c’était vrai.

Le même Wauquiez qui vouait aux gémonies le capitalisme financier tout en allant faire du fund rising à Londres auprès de la communauté française expatriée à la City et des hedge funds.

Sa maison du Puy en Velay a coûté 275.000 €, certes, sans doute… sans compter les travaux importants qui y ont été réalisés par l’entreprise… d’un frère de Brice Hortefeux. Tiens donc ?

Vous y croyez ?

Ce soir au 20 h 00 de Pujadas sur la 2, François Fillon assène que son patrimoine financier s’élève à 100.000 € et que son seul patrimoine immobilier est sa « maison » dans la Sarthe « achetée il y a 20 ans 400.000 € et qui en vaut aujourd’hui 650.000 ».

On a bien entendu :

Le manoir (« maison ») de Beaucé aurait donc vu sa valeur augmenter de 50 % en 20 ans. Or, l’indice des prix de l’immobilier hors Paris sur cette période (référence notaires) évolue plutôt de 2, 80, c’est à dire qu’un bien acheté 400.000 € devrait valoir approximativement  1,120 M€, c’est à dire un tout petit moins du double que l’estimation faite par F. Fillon au 20 heures.

Estimation déraisonnable, micro-climat immobilier à Solesmes ?? Vérification facile en allant voir les châteaux et manoirs en vente dans la Sarthe.

Et bien sûr, François Fillon ne possède aucun autre bien immobilier.

Vous y croyez ?

Morale individuelle ou choc politique ?

Les déclarations individuelles, les chocs de moralisation, la « purification éthique » (à la Mélenchon) sont à côté de la plaque. Il ne s’agit pas de morale individuelle, il s’agit de mettre en oeuvre des barrières politiques qui limitent les excès des dérapages individuels qui existeront toujours, dans tous les camps politiques.

Tiens, Monsieur Mélenchon, expliquez-nous donc en détail comment est financé le petit Parti de Gauche que vous dirigez.

Non décidément, « ils » ne comprennent rien.

Pour réconcilier les Français avec « l’oligarchie »,

il faut :

– des procédures déclaratives, en effet, mais complétées par des sanctions pénales et des peines d’inéligibilité en cas d’inexactitude.

– des auditions et des commissions d’audition bénéficiant des moyens d’enquêtes fiscales et patrimoniales.

– la suppression drastique du cumul des mandats et des emplois, des rémunérations et des indemnités : il n’y a pas que le cumul des mandats électifs mais des postes (type présidences de conseils d’administration, sièges d’administrateurs…). De même que doit être interdit  le transfert des indemnités à un autre élu.

– la suppression de la réserve parlementaire, qui autorise un parlementaire à faire bénéficier sans contrôle autre que formel, des collectivités ou des associations de « largesses » institutionnalisant ainsi le clientélisme.

– la représentation à la proportionnelle des différents courants de l’opinion dans les assemblées parlementaires. Avec le quinquennat, l’argument de la stabilité des institutions est irrecevable.

– la réduction du millefeuille politico-administratif, notamment la fusion des régions pour en diminuer le nombre environ par 2, la suppression des départements et la fusion obligatoire des communes pour passer d’un peu plus de 36.000 à environ 10.000.

Seul ce choc politique peut redonner la confiance. Pas des rafistolages moralisateurs ni des déclarations d’intention.

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