Le conseil constitutionnel refuse au Parlement le droit de dire l’histoire officielle

J’ai été ému hier soir en voyant au 20 h,  Ara Toranian qui fut un camarade de jeunesse dans les années 70. Il fut lié à l’ASALA. Il m’apprit à connaître le combat des Arméniens et à en être solidaire. J’ai été en relation également avec un groupe d’Arméniens au Québec, dans les années 70.

je pense toujours que leur cause était juste, même si je ne suis en aucun cas solidaire -pas plus que ne l’est Ara -je crois- des attentats commis par la faction d’Agop Hagopian.

Il n’empêche : ce n’est pas au législateur de « dire l’histoire ». Le Conseil Constitutionnel a bien dit. Les lois « mémorielles » sont absurdes et contre-productives. C’est le combat et la démonstration des idées qui comptent.

Je le dis une fois encore. Oui je pense qu’il y a eu génocide des Arméniens par les autorités turques, prémédité, méthodiquement organisé. Non, le législateur n’a pas à écrire l’histoire.

Qui doit écrire l’histoire ?

 

Oui, je crois que l’empire Ottoman a perpétré en 1915, et après, des massacres de masse à intention génocidaire de la population arménienne.

Oui, je crois que c’est la honte des dirigeants de la Turquie moderne de ne pas le reconnaître.

Oui, je crois qu’il faut encourager les historiens, les thésards, les étudiants en M2 à publier, rechercher et publier encore sur cette immense tragédie.

Oui, j’ai fréquenté et soutenu, dans ma jeunesse, des groupes arméniens. Je m’en souviens et je m’en félicite.

Ceci veut-il dire qu’il faut que l’Histoire s’écrive à l’Assemblée Nationale et au Sénat  ? Aurons nous bientôt une histoire officielle sur le Rwanda et le Burundi ?

Aurons nous une histoire officielle sur les victimes du communisme, sur la famine en Ukraine, la « dékoulakisation » ?

Et pourquoi pas une histoire officielle de la guerre de 100 ans, avec Jeanne d’Arc en héroïne.

Non, ce n’est pas au Politique d’imposer la définition de ce qu’est un génocide et encore moins ce qui en procède ou non.

Non, il n’est pas acceptable de pénaliser ceux qui refusent de qualifier les massacres de 1915 pour ce que je crois, moi, qu’ils sont : un génocide.